Parc national de Sooma (Estonie, Joeesu, 3-4 août)

Après une escale à la charmante station balnéaire de Parnu, nous nous rendons au cœur d'une région marécageuse peuplée d'élans, d'ours, de loups, de lynx... Le parc national de Sooma est très bien aménagé pour une immersion en pleine nature: sentiers de randonnée et d'interprétation, aires de bivouac gratuites aménagées avec un barbecue et du bois à volonté, tours d'observation... Au centre des visiteurs, nous glanons des informations sur l'ensemble des possibilités de découverte. L'observation de la grande faune, elle est réservée aux chanceux, aux lèves-tôt ou aux couche-tard... On nous indique une tour d'observation où nous pouvons bivouaquer. Avant de nous y rendre, nous parcourons le sentier des castors. A travers la forêt infestée de moustiques, nous découvrons le travail des castors sur les rives d'un petit cours d'eau. Arbres tombés dans l'eau, barrage, les castors laissent des indices de leur présence « en veux-tu, en voilà » mais malheureusement, nous ne verrons pas la queue plate d'un seul individu. Du haut de la tour d'observation, nous scrutons la vaste plaine marécageuse de 50 ha qui est totalement inondée au printemps. C'est ce qu'ils appellent ici la cinquième saison. Durant une à deux semaines au printemps, la région se retrouve sous les eaux... Les quelques paysans qui vivent là ont l'habitude et leur embarcation est toujours prête dans un coin de la cour pour aller nourrir les animaux domestiques. Séverine qui commence l'affût observe deux chevreuils. Quant à moi, une masse sombre restera à jamais un mystère : un ours ou bien une vache de la ferme voisine? Ma longue-vue est dans la soute du camping-car et j'enrage de ne pas avoir pris le temps de l'emmener... Le lendemain matin, nous ne sommes pas assez matinaux pour voir le soleil inonder la prairie de ses rayons. Le soleil est déjà haut à 7h00 quand je me rends dans l'observatoire. Je me régale toutefois de ces instants de pleine nature. En famille, nous partons ce matin découvrir une vaste tourbière sur un sentier sur pilotis. Les enfants découvrent avec étonnement leurs premières plantes carnivores. Pas de quoi nourrir les cauchemars, les droseras sont de petites plantes dont les feuilles sont toutes justes bonnes à engluer quelques minuscules insectes. Mais leurs petites feuilles bordées de gouttelettes deviennent des trésors que les enfants s'empressent de rechercher dans les mousses. « Aïe! », Mathieu est en pleurs... Pas de morsure d'une quelconque plante carnivore, Mathieu vient de se planter une dizaine d'échardes dans la main. Sans doute a t-il pris une plante pleine d'épines à pleine main... Le pauvre, déjà couvert de boutons d'origines diverses malgré les précautions d'usage (moustiques, taon, allergie? urticaire?...), le voilà avec une main remplie d'épines... Impossible de toutes les extraire d'autant que Mathieu ne se laisse pas faire. Nous décidons de nous rendre à l'hôpital de Tallin, la capitale de l'Estonie dont nous avions prévu de faire notre escale ce soir. A l'hôpital, Mathieu montre courageusement sa main au médecin qui, devant le nombre d'épines à retirer, préfère lui bander la main d'une solution huileuse. Cela devrait faire sortir les épines sans le torturer... Nous en profitons pour demander un nouveau diagnostic des boutons qui couvrent son corps. « Sans doute un enterovirus » nous précise le médecin. Ça devrait rentrer dans l'ordre tout seul... Séverine, de passage à l'hôpital en profite pour aller montrer sa gorge douloureuse... Ce soir, loin de la magie sauvage des marécages de Sooma, nous nous couchons dans la ville de Tallin au son du coup de sifflet final d'un match de foot local...

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